Les siécles passés

En feuilletant l'état civil de la commune d'Azy, qui commence en l'année 1550, on découvre, inséré en l'année 1575, un brouillon de lettre que je reproduis ici entièrement.

 

Monseigneur de COMMARTIN (sans doute le gouverneur de la place de Château-Thierry), supplient humbles et pauvres manants et habitant d'Azy proche de CHAURY (Chaury est utilisé comme raccourci de Château-Thierry pendant le 16ème et le 17ème siècle) à vous remontrent que depuis 10 à 12 ans ils ont été grandement chargés, oniérés et tailés pour la petite quantité d'habitants; quoiqu'ils aient présentés plusieurs requêtes par lesquelles ils ont fait voir qu'ils ne possédaient pas de bien suffissants.

 

Qu'il était sottise de tant réclamer et que tous n'étaient que vignerons et manouvriers, lesquels ne gagnent leur vie que par journées manuelles et que le plus riche du lieu ne possédait pas en fond arpent (un arpent équivaut à 50ares ou 100 perches ou 2 quartiers) de vigne entier ni ayant ou en tenure (Tenure de roture = possession d'une terre contre des services déterminés (jours de corvée)), et que en ce moment deux laboureurs, lesquels sont fermiers et locataires n'ont pas un pied à terre à eux appartenant en fond.

 

Le terroir n'étant en toute superficie que de (x) arpents de terres et vignes ou environs dont les deux tiers et plus appartiennent à plusieurs particuliers tant de PARIS, savoir, à Messire du COLLEGE et proche les religieux de CERFROID et de CHAURY et plusieurs autres particuliers des lieux et environs.

 

Comme il suffit d'instituer par le menu un compte leur affirmant ce qu'il doive, l'on a de ce fait laissé leur imposer la somme de (x) et la taille de (x), pour lesquelles sommes il leur a été impossible de rien payer, étant tous presque résuits à la mendicité parce qu'ils étaient par le passé en grande dépendance pour la recherche de leur nourriture laquelle ils ont pris chez de bons marchands n'ayant fait aucun profit dans l'abondance, au frais de la mèche des tonneaux et autres frais en busses que leur a occasionnée cette cueillette abondante.

 

Il est survenue une bande de soldats laquelle à cause des clercs officieux.

 

Et pour comble de leur misère ils ont été à feu et à sang à cause étant accuser comme autant de malandrins, accuser de rébellion envers sa majesté, à quoi jamais ils n'ont pensés qu'au contraire sont les très humbles et trés obéissants sujets.

 

Replaçons quelque peu cette lettre dans son contexte.

 

En 1952, le duc de Guise, chef du parti catholique traversait le pays de MEAUX et massacrait les Huguenots. Ce fut le signal des guerres de religion qui allaient ensanglantées la France pendant 32 ans, entrecoupés de trêves aussitôt dénoncés. Les luttes prirent un caractère politique: face aux Guises catholiques se dressaient les Bourbons protestants. Les premiers firent appel à l'Espagne, les seconds à l'Angleterre. Le comble de l'horreur fut atteint lors des massacres de la saint Barthélémy (24 Août 1572).

 

Dés le début CHATEAU THIERRY fut occupé par les troupes catholiques qui saignèrent le pays pour alimenter PARIS par la Marne. De plus 6000 suisses étaient en garnison dans la ville et les villages des alentours. En 1567 ce sont eux qui enlevèrent le roi du château de MONCEAUX près de MEAUX où il était prisonnier des Huguenots. Les soldats, mal payés et mal encadrés, vivaient sur le pays, vidant caves et greniers.

 

En 1564-1565 la population avait du endurer "l'hiver le plus rigoureux depuis cent ans"; la récolte de 1565 fut médiocre et la famine sévit. En 1573, Claude Hatton, curé de campagne, notait que "les terres du pays de la Brie estait à cause des guerres demeurés la moitités sans semences".

 

En 1580 la peste reprit sa grande offensive, fauchant le quart de la population. La famine et les épidémies (peste, coqueluche, dysenterie) frappèrent durement cette fin de siècle, la baisse de la population fut d'environ 40%.

 

La religion catholique se réfugie dans le fanatisme. En 1566 une jeune fille de CHARLY fut brülé vive comme sorcière. Elle se vantait d'avoir reçu les confidences de la sainte vierge qui prescrivait que l'on devait s'abstenir de travailler le samedi depuis l'heure de midi pour l'hiver.

 

La même année une autre jeune fille dut exorcisée pendant plusieurs semaines dans la cathédrale de LAON par l'évèque lui même devant des milliers de spectateurs. Après des prières, des abjurations, des signes de croix et des impréciations qui durérent des heures et n'eurent pour résultat que de redoubler les cris et les convulsions de la "posédée", l'on en approchat l'hostie consacrée et l'explusion du démon se produisit sous la forme d'un explosion et la patiente devint soudain très calme et abattue.

 

Après la peste de 1580, on organisa des cortèges que l'on nomma les processions blanches: les gens allaient couverts de draps blancs portant croix, bannières, torches et cierges allumés; chantaient, en se relayant, des cantiques et de hymnes à la louange de Dieu et de la sainte Vierge; beaucoup marchaient nu-pieds. Le dimanche 4 septembre 1583, huit cents personnes au moins de NOGENT L'ARTAUD et des environs, allèrent ainsi en procession à MEAUX au tombeau de saint Fiacre puis en la cathédrale où étaient conservées les reliques. Chemin faisant, ils rencontrèrent d'autres processions; à l'entrée de MEAUX ce cortège "tenait bien une demi lieue de long" (2250 mètres).

 

C'est dans ce climat de surexcitation religieux que furent créées les écoles paroissiales gratuites pour l'instruction des fidèles; [...].

 

Cédric SALOT

 

L'écho d'azy 1994

L'Eglise Saint-Félix

 

L'église jouit d'une réputation bien méritée. Elle est de la fin du XI siècle ou du commencemennt du XII. Le clocher fait un bel effect. Une flèche de 15m s'élève sur une tour corée qui mesure au 10 métres.

 

 

Le clocher est assis sur la travée centrale qui précède l'intersection de la nef et du transept. Du portail au chevet, l'édifice mesure 30m ce chevet fort beau est pentagonal. Les fenêtres de l'abside sont en partie continuité existant dans d'autres fenêtres.

 

 

Le fond de l'abside eset recouvert par un rétable du XVIII l'Adoration du sauveur des Anges".

 

 

Le bras du transept de droite est un peu plus long que celui de gauche.

 

 

L'autel droite est dédié à Saint Blaise qui est le patron des animaux sauvages des peigneurs de laine et des personnes qui souffrent de maux de gorge, deuxième patron de la paroisse; celui de gauche à la Sainte Vierge.

 

 

A l'autel de la Sainte Vierge, une niche a remplacé le tableau qui occupait la partie médiane, dans cette niche une statue en plâtre de Notre Dame.

 

 

La balustrade du sanctuaire est en bois, loudre disgracieuse.

 

 

Dans le choeur, à droite et à gauche, sont placés deux l'extérieur, ont des moulures renaissance.

 

 

Le chaire à prêcher est un travail trés bien soigné de la fin du XV siècle. Le pied de cette chaire est terminé par un écu sur lequel sont gravés les instruments de la passion. L'escalier et la porte sont l'oeuvre d'un menuisier du village.

 

 

Sous la voûte du clocher, se voient deux pierres tombales, l'une retrournée, l'autre portant une inscription en lettre gothique du SIV siècle, mais à peu près illisible.

 

Sur la dalle est gravée l'éffigie d'un abbé, les maines jointes.

 

 

Le portail méridional est en partie conservé, véritablement caratéristique avec ses dents de scie